4ème Forum National sur les prévisions saisonnières au Cameroun (NCOF-04) Kribi – Cameroun, 20-24 avril 2026

4ème Forum National sur les prévisions saisonnières au Cameroun (NCOF-04) Kribi – Cameroun, 20-24 avril 2026

4ème Forum National sur les prévisions saisonnières au Cameroun (NCOF-04) Kribi – Cameroun, 20-24 avril 2026

Pendant cinq jours à Kribi, experts climatiques, institutions publiques, chercheurs, agriculteurs, hydrologues, médias et partenaires internationaux ont engagé une réflexion stratégique sur l’avenir des services climatiques au Cameroun. Au-delà des prévisions météorologiques, le 4e Forum National sur les Perspectives Climatiques (NCOF-04) aura surtout marqué un tournant : celui de la reconnaissance de la valeur socio-économique de l’information climatique dans le développement et la résilience des communautés.

Kribi a été, du 20 au 24 avril 2026, la capitale camerounaise du climat. La cité balnéaire a accueilli le 4e Forum National sur les Perspectives Climatiques (NCOF-04), organisé autour du thème : « From Strengthening Forecasting Capacity to Understanding Socio-economic Value: Advancing Climate Services for Agriculture and Disaster Risk Reduction in Cameroon ».

Durant cinq jours, près de 80 participants issus des administrations publiques, des secteurs de l’agriculture, de la gestion des risques de catastrophes, de l’hydrologie, du monde académique, des médias et du secteur privé ont échangé sur les défis et les perspectives liés aux services climatiques au Cameroun.

Un forum qui marque un tournant stratégique

Cette quatrième édition du NCOF n’aura pas été un simple cadre technique de production de prévisions saisonnières. Elle aura surtout traduit une ambition nouvelle : replacer les services climatiques au cœur des politiques de développement et démontrer leur impact concret sur les populations et les secteurs économiques.

La cérémonie d’ouverture, présidée par Sa Majesté MVEIMANI SOMBO AMBA, représentant du Ministre des Transports, a réuni plusieurs partenaires régionaux et internationaux, notamment Commission de l’Union Africaine, Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale, African Centre of Meteorological Applications for Development et Centre d’Application et de Prévision Climatologique de l’Afrique Centrale.

Une mobilisation qui témoigne de l’importance croissante des enjeux climatiques en Afrique centrale.

La valeur socio-économique des services climatiques au centre des débats

Au cœur des travaux, la question de l’efficacité des services climatiques a largement dominé les échanges. Les participants ont insisté sur la nécessité de dépasser une approche limitée à la production des prévisions météorologiques pour intégrer désormais l’évaluation des bénéfices économiques et sociaux des informations climatiques. Dans cette dynamique, le Directeur de la Météorologie Nationale, Simplice Tchinda Tazo, a présenté l’état de mise en œuvre du Cadre National des Services Climatologiques (CNSC). Son intervention a permis de mettre en lumière les avancées enregistrées dans la structuration des services climatiques au Cameroun, les contraintes institutionnelles et opérationnelles persistantes, mais également les attentes vis-à-vis du projet ClimSA. Il a notamment plaidé pour une révision du plan d’action du CNSC afin de mieux répondre aux besoins actuels des utilisateurs.

Les services régionaux salués pour leur travail de proximité

L’un des enseignements majeurs du forum reste le retour d’expérience des dix services régionaux de la météorologie. Les responsables régionaux ont exposé les résultats des activités menées sur le terrain à la suite des formations reçues lors des précédentes éditions du NCOF.

À travers des descentes communautaires, des campagnes de sensibilisation, des collaborations avec les chefs traditionnels, les radios locales et divers acteurs communautaires, les services météorologiques régionaux ont progressivement rapproché l’information climatique des populations. Cette stratégie de proximité a permis une meilleure appropriation des messages météorologiques et climatiques, notamment grâce à leur adaptation en langues locales et à leur contextualisation selon les réalités des territoires.

Dans plusieurs localités, cette approche a favorisé une amélioration de la compréhension des alertes et des prévisions, renforçant ainsi les capacités des communautés à anticiper les risques climatiques et à adapter leurs activités agricoles ou socio-économiques.

Une expérience camerounaise érigée en modèle régional

Ces initiatives ont particulièrement retenu l’attention des partenaires internationaux présents à Kribi. Plusieurs intervenants ont salué l’expérience camerounaise en matière de décentralisation des services climatiques, estimant qu’elle pourrait inspirer d’autres pays d’Afrique centrale engagés dans le renforcement des systèmes d’alerte précoce.

Au-delà des exposés techniques, le forum aura également permis d’ouvrir un dialogue sur les mécanismes institutionnels nécessaires pour mesurer l’impact réel des services climatiques sur les économies locales, la sécurité alimentaire et la réduction des catastrophes.

Une orientation stratégique qui répond directement aux ambitions portées par Organisation météorologique mondiale en matière d’accès universel aux systèmes d’alerte précoce.

Vers une nouvelle génération de services climatiques au Cameroun

À Kribi, le NCOF-04 aura ainsi confirmé une évidence : dans un contexte marqué par la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, les services climatiques ne peuvent plus être considérés comme de simples outils scientifiques. Ils deviennent désormais des instruments essentiels de gouvernance, de prévention des risques et de développement durable. En inscrivant les impacts socio-économiques au centre des débats, cette quatrième édition du Forum National sur les Prévisions saisonnières marque une étape importante dans l’évolution des politiques climatiques au Cameroun. Une dynamique qui pourrait durablement transformer la manière dont les informations climatiques sont produites, diffusées et utilisées au service des populations.

 

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